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Refus du NDA par la DREETS : motifs, conséquences et comment régulariser

Obtenir un numéro de déclaration d'activité n'est pas une formalité automatique. La DREETS exerce un contrôle réel de recevabilité et un dossier peut être refusé. Ce refus n'est pas anodin : il prive immédiatement la structure de la qualité d'organisme de formation, avec des conséquences pénales, fiscales et contractuelles en cascade.

Illustration Refus du NDA par la DREETS

Rappel du cadre : qui décide, et sous quel délai

Le dossier de déclaration est déposé en ligne sur Mon Activité Formation, dans les trois mois suivant la première convention ou le premier contrat de formation. Depuis le décret n°2025-728 du 29 juillet 2025, la DREETS dispose d'un délai de deux mois à compter de la réception du dossier complet pour l'enregistrer et délivrer le récépissé — le silence gardé passé ce délai valant enregistrement implicite.

Si le dossier est incomplet, l'administration notifie la liste des pièces manquantes dans un délai de 10 jours, et le déclarant dispose alors de 12 jours ouvrés pour les transmettre (ce délai est passé de 15 à 12 jours ouvrés avec le décret de juillet 2025). Cette demande de pièces suspend le délai d'instruction de deux mois jusqu'à réception effective de l'ensemble des pièces manquantes — le compteur ne repart qu'à ce moment-là. Un dépassement du délai de réponse de 12 jours ouvrés expose au rejet du dossier pour incomplétude.

Lorsque la DREETS oppose un refus explicite, la décision doit être motivée en fait et en droit et mentionner les voies et délais de recours — comme tout acte administratif individuel défavorable.

Les motifs légaux de refus

L'article L. 6351-3 du Code du travail encadre limitativement les cas dans lesquels la DREETS peut refuser l'enregistrement :

# Motif Base légale
1 La prestation ne relève pas du champ de la formation professionnelle continue (conseil, accompagnement commercial, recrutement, développement personnel présenté comme formation) L. 6313-1
2 Une pièce justificative fait défaut (identité, casier judiciaire n°3, programme, convention manquante ou non conforme) R. 6351-5
3 La première convention n'est pas conforme aux mentions obligatoires D. 6353-1
4 (CFA) Absence de mention de l'apprentissage dans l'objet statutaire L. 6231-5
5 (CFA) Locaux inadaptés à l'activité de formation par apprentissage L. 6351-3
6 Annulation d'enregistrement du dirigeant dans les 4 années précédentes L. 6351-3
7 Rejet de dépenses lors d'un contrôle administratif et financier resté impayé, dans les 5 années précédentes L. 6351-3

En pratique, les motifs 2 et 3 — dossier incomplet ou convention non conforme — restent, de loin, les causes de rejet les plus courantes pour un formateur indépendant. Les motifs 4 et 5 ne concernent que les CFA ; ceux liés aux antécédents du dirigeant (6 et 7) sont plus rares mais rédhibitoires : ils ne se corrigent pas par un simple complément de dossier.

Ce qu'entraîne concrètement un refus

Sur le plan financier — un régime profondément changé depuis le 27 juin 2026. La loi n°2026-534 du 25 juin 2026 (loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales) a supprimé la quasi-totalité des amendes pénales fixes qui sanctionnaient auparavant ces manquements (exercer sans déclaration, ne pas souscrire de déclaration rectificative, publicité trompeuse sur l'existence d'une déclaration). Elles sont remplacées par un régime de sanctions administratives (nouveaux articles L. 6356-1 à L. 6356-7) : la DREETS peut, sur rapport de ses agents de contrôle, adresser un avertissement ou prononcer directement une amende, sans passer par le procureur. L'amende est plafonnée à 4 000 € par manquement, ce plafond étant doublé en cas de récidive de même nature constatée sous 2 ans, et majoré de 50 % en cas de récidive sous 1 an après un avertissement ; son montant réel est déterminé selon la gravité du manquement, la bonne foi de l'organisme, et ses ressources — après une procédure contradictoire laissant au moins 15 jours pour présenter des observations avant toute décision motivée.

Sur le plan commercial et financier. Sans NDA, aucun référencement possible auprès des financeurs — OPCO, France Travail, Régions, CPF via la Caisse des Dépôts. La certification Qualiopi elle-même est inaccessible : l'enregistrement DREETS en est un préalable obligatoire. Autre conséquence moins connue : un formateur sans NDA valide ne peut plus intervenir comme sous-traitant sur une action financée par le CPF. Depuis le décret n°2023-1350 du 28 décembre 2023, les organismes donneurs d'ordre doivent vérifier que leurs sous-traitants disposent d'un NDA en cours de validité ; à défaut, c'est le donneur d'ordre lui-même qui risque un déréférencement de Mon Compte Formation (article L. 6323-9-2).

Sur le plan fiscal. Sans NDA, la question de l'exonération de TVA au titre de l'article 261-4-4° du CGI ne se pose même pas — cette exonération suppose un NDA valide, préalable à toute demande d'attestation. Toute prestation reste donc facturée TVA au taux normal. Un cas fréquent : un organisme qui a anticipé l'obtention de son NDA et facturé sans TVA pendant l'instruction se retrouve, en cas de refus, dans l'obligation de refacturer avec TVA à 20 % et de régulariser sa situation auprès de son Service des Impôts des Entreprises.

Sur le plan contractuel. La première convention perd son fondement juridique en tant que convention de formation professionnelle. L'acheteur ne peut prétendre à aucune prise en charge, ce qui expose à des demandes d'annulation, de remboursement, voire à des actions en responsabilité de la part de clients lésés. Si le stagiaire est un particulier ayant financé sa formation à titre individuel (contrat relevant de l'article L. 6353-3 et suivants), l'organisme est tenu de l'informer du refus ; le particulier conserve ses droits de résiliation et de remboursement sur une prestation devenue sans fondement légal.

Les voies de recours

Une décision de refus explicite peut être contestée par deux voies distinctes, qui restent facultatives — il ne s'agit pas d'un recours administratif préalable obligatoire pour ce type de décision (le décret de juillet 2025 a supprimé le RAPO obligatoire pour les décisions issues d'un contrôle a posteriori, pas pour le refus d'enregistrement initial) :

Voie de recours Autorité saisie Délai
Recours gracieux Préfet de région, via le Service Régional de Contrôle 2 mois après notification
Recours hiérarchique Ministre chargé de la formation professionnelle, via la DGEFP 2 mois après notification
Recours contentieux Tribunal administratif territorialement compétent 2 mois après refus ou rejet du recours préalable
Référé-suspension Juge des référés (art. L. 521-1 CJA) Conjointement au recours au fond

Les recours gracieux et hiérarchique interrompent le délai de recours contentieux. En l'absence de réponse de l'administration dans les deux mois suivant le recours, le silence vaut rejet implicite — ce qui ouvre à nouveau un délai de deux mois pour saisir le juge.

Le recours contentieux vise l'annulation pour excès de pouvoir. Il peut être doublé d'un référé-suspension, à condition de démontrer une urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision — une procédure d'urgence dont la décision intervient généralement sous quelques semaines, mais qui reste une exception, pas la norme.

Dans les faits, la voie contentieuse est rarement la plus adaptée pour un formateur indépendant : les délais d'instruction devant le tribunal administratif se comptent en mois, quand une activité commerciale se pilote en semaines. C'est la régularisation rapide qui règle la grande majorité des situations.

Régulariser : la voie la plus efficace dans la pratique

Quand le refus tient à une erreur formelle, une pièce manquante ou une convention mal rédigée — la très grande majorité des cas — le dépôt d'un nouveau dossier corrigé est la réponse la plus rapide.

  1. Identifier précisément le motif notifié. La DREETS doit motiver sa décision — c'est le point de départ du diagnostic, pas une formalité à survoler.
  2. Reprendre la convention ou le contrat. C'est le document pivot du dossier. Elle doit intégrer l'ensemble des mentions de l'article D. 6353-1 : intitulé, objectifs professionnels précis, contenu détaillé, moyens pédagogiques et techniques, durée et calendrier, modalités de suivi et d'évaluation, prix. Si le refus portait sur la qualification pédagogique de l'action, il faut retravailler le programme pour démontrer une acquisition de compétences évaluable — en écartant tout ce qui évoque le conseil ou le développement personnel plutôt que la formation.
  3. Redéposer sur Mon Activité Formation. La nouvelle demande doit intervenir dans les trois mois suivant la signature de la convention corrigée si celle-ci a été refaite. Le dépôt fait courir une nouvelle période d'instruction de deux mois.

Le piège à ne pas manquer. Un refus intervient souvent après les deux mois d'instruction, parfois plus. À ce stade, la première convention jointe au dossier initial a très probablement été signée il y a plus de trois mois. Redéposer telle quelle une convention simplement corrigée, mais dont la date de signature dépasse ce délai, s'expose à un rejet immédiat pour non-respect du délai légal. Il faut alors, avec le client concerné, soit signer une nouvelle convention à une date récente, soit établir un avenant daté — pas seulement retravailler le texte du document existant.

Si on résume...

Le contrôle exercé par la DREETS sur la déclaration d'activité n'est pas un simple filtre administratif : il vérifie que l'action proposée relève réellement de la formation professionnelle et que le dossier tient la route sur le fond. Un refus n'est ni définitif ni forcément lourd de conséquences s'il est traité rapidement — mais il l'est si l'activité continue sans régularisation, avec la sanction administrative et l'impossibilité de facturer en tant qu'organisme de formation qui s'ensuivent.

C'est là que la préparation en amont fait la différence : une convention conforme dès le départ, un programme structuré, un dossier complet évitent l'essentiel des refus évitables — ceux liés à la forme plutôt qu'au fond.

Point de vigilance non traité en détail ici. La loi du 25 juin 2026 a également ajouté trois nouveaux cas de refus et un nouveau motif d'annulation du NDA, avec une possibilité de publicité de la décision d'annulation. D'après les premières analyses disponibles, ces ajouts concernent principalement les CFA et l'activité d'apprentissage — mais je n'ai pas pu vérifier le texte exact de ces nouveaux motifs sur une source officielle au moment de la rédaction. Un article dédié suivra dès que ce point sera confirmé, plutôt que d'avancer une liste non vérifiée.

Comment PhiloGest aide à sécuriser cette étape

PhiloGest ne dépose pas votre déclaration à votre place, mais il génère vos conventions et programmes de formation avec les mentions obligatoires intégrées par défaut — ce qui écarte d'emblée la cause la plus fréquente de refus ou de demande de complément. En cas de régularisation, rééditer une convention à une date à jour se fait en quelques clics plutôt qu'en reprenant un document Word à zéro. Pour un formateur seul, c'est une pièce en moins à rédiger dans l'urgence, et une source d'erreur en moins à surveiller.